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 Manoir Orwell

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Artemis Orwell
PDG (plus ou moins honnête) de la société Orwell.


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MessageSujet: Manoir Orwell   Lun 15 Juin - 21:23

I See a red door and I want it to paint it BLACK.


No color anymore I want it to turn BLACK.





« Le marché s’effondre vous ne comptez pas sérieusement investir là dedans ?! »



« Notre publique cible : les jeunes. Trouvez moi un slogan accrocheur ! Demain, 8h je veux les propositions sur mon bureau ! »



« Renvoyé ! Vous êtes renvoyé ! »



« Je suis certains que nous avons les moyens de vous faire changer d’avis. »


« Nous lui ferons une offre qu’il ne pourra refuser »



Artémis regardait s'agiter sa petite fourmilière d'un oeil terne. Il la fixait sans la fixer. Bercé par le bruit de ses petites fourmis s'activant sur tous les fronts, le ronron de la photocopieuse et l'écoulement continuelle de la machine à café. Inspirant paresseusement l'air chargé de tabac et de caféine. Une atmosphère chaude et réconfortante en somme. Il avait toujours un mal fou et inexpliqué à quitter ce lieu. Non pas qu'il aima son travail. Non. Disons que c'était moins pire que le reste. La société Orwell était en perpétuel effervescence, il n'y avait pas une journée où il ne se passa quelque chose de nouveau. Dans cette immensité de verre et de bétons, qui narguais les dieu tel une tour de Babel moderne, toutes la diversité humaine était représenté. Le meilleur comme le pire. Et lui, Artémis était à la tête de cette masse grouillante. Sur quels sourires aimable pouvait-il compter ? Pas la moitié. Ils n'étaient qu'humains après tout. Artémis passa distraitement sa longue main blafarde dans ses cheveux, enroulant une de ses longues boucles noirs autour d'un doigt malingre. Ses membres étaient lourds, ses paupières également. Il sentait la fatigue envahir pernicieusement chacun de ses muscles. Il soupira. Il était temps de rentrer.
Bientôt 19h, les bureaux commençaient à se vider. Les cadres aller retrouver leurs familles, les plus jeunes sortaient entre amis. Lui rentrerait seul. Il avait depuis longtemps refuser d'avoir quelconque chauffeurs ou majordomes. Il s'occupait de lui seul. Il ne laisserai personne rentrer dans le manoir Orwell. Il avait les moyens pour ça. Des moyens qui avaient fait taire les suspicions de la police à propos de la disparition soudaine du couple Orwell quelques années auparavant. Il décrocha son trench noir hors de prix et l'enfila lentement, son regard, comme à son habitude, perdus dans une limbe bien lointaine. Il répondit d'un vague murmure aux différents « au revoir » des employés qui se donnaient encore la peine d'être polie avec lui. Il s'affala gracieusement contre la paroi métallique de l'ascenseur, le laissant l'entrainer vers les entrailles de la terre. Il ne portrait strictement aucun intérêt aux voitures, tout comme à beaucoup d'autres choses. Il savait à peine à quoi ressemblait la sienne.
l savait quel était noir et aussi surement plus cher et rapide que la moyenne. Il avait demandé un jour à un de ses employés d'aller lui en acheter une 'bien où on peut écouter de la musique', sur quoi il lui avait tendus un chèque vierge et lui avait demandé d'être de retour avant la fin de la journée, laissant l'employé totalement incrédule. L'employé en question avait surement dut réaliser un de ses fantasmes en achetant cette berline noire avec toutes les options possibles et inimaginables qu'il n'aurait jamais pu se payer. Artémis n'aurait pas su dire s'il l'aimait bien ou non, comme pour tout. Elle était 'bien' pour ce qu'il en faisait c'est tout. Il mit le contact et démarra lentement, un crime pour un tel bolide. Cela faisant, il enclencha le lecteur CD.



Goutte. Une goutte s'écrasa sur la pare brise. Artémis ne put s'empêcher de la fixer. Seule. Elle était seule alors qu'elles étaient des milliers. Seule. Pendant une seconde il perdit le contrôle de son véhicule et faillit s'écraser dans le bas côté. Pendant une demi seconde il se demanda pourquoi. Pourquoi se donner la peine de survivre.


Rester debout mais, à quel prix, sacrifier son instinct et ses envies.

Pourtant, il continua à rouler. Pas qu'il eut quelconque espoir pour son avenir ou quelconque aspirations pour celui-ci, mais il continua tout de même. Chaque jour le même trajet. Jamais un autre. Pour aller où ?


Voilà à quoi se résumait sa vie désormais. La société Orwell. Il n'y avait rien d'autre. Rien qui put l'intéresser.


Bientôt l'allemande vint faire crisser le gravier de la propriété Orwell. Le sinistre manoir se découpait dans le ciel gris, plus inquiétant que jamais. Qui oserait se jeter dans cette gueule béante mis à part son seul et unique habitant. Il fit jouer sa clé dans la serrure et la porte s'ouvrit enfin. Il était de retour chez lui, mais personne ne l'accueillit.
Même les fantômes d'un passé lointain ne se donnèrent pas cette peine. Tous avaient déjà fuit ce lieu de désolation. Artémis était la seule âme en peine à encore vouloir hanter en ces lieux. Vide. Et Cette pesante mort qui suinte entre les murs. Silence. Le deuxième habitant du manoir. Tout ici semble mort, y compris son propriétaire. Il s'avança dans l'entrée vide. Par soucis d'efficacité du ménage, il avait fait retirer quelques meubles de la demeure quelques années auparavant. Le lustre du salon illumina la pièce froide de sa lumière. A travers le cristal des pampilles se formèrent une myriade d'étoiles qui vinrent orner le mur grisâtre. Artémis se laissa lourdement tomber sur un sofa. La tête dans le vide charmé par les reflets arc en ciel dansant sur le mur. De petites âmes coloré prisent dans une folle ritournelle, Artémis souriait presque. Il ferma les yeux un instant. Comme si dans cet infime espace il y avait une chance encore plus infime qu'il rouvre les yeux ailleurs. Ailleurs.
Tout mais pas ici. Pas dans ce manoir à peine plus accueillant qu'une morgue un soir d'hiver. Il poussa un long soupire affligé. Il rouvrit les yeux sur le plafond. Une rose pourpre. Elle s'ouvrait là, élégamment sur la voute blanche. Une petite rose aux couleurs passés.


Artémis se statufia. Seul sa pupille tremblait. Un frisson d'effroi le parcouru. Il se leva d'un bond. Non. Non.

Ce n'est pas ça. Ça ne peut PAS être ça. Il ferma les yeux. Secoua violemment la tête. Mais elle était toujours là. Cette rose pourpre.


Une douleur sourde envahit bientôt son esprit, le faisant tituber. Non. Non. Ses mains crispées dans ses boucles de jais. L'air dément. Non. Il s'entendait hoqueter sous la violence du choc, impuissant face à sa propre douleur. La respiration haletante, le coeur pris en étau. Les sanglots lui obstruant la gorge. Son bon sens l'avait quitté en courant. Il ne voyait que ÇA. Cette tache vermeille jurant sur la blancheur immaculé du plafond. Il n'y avait qu'une seule pièce au-dessus. Une pièce fermé à clé de l'intérieur. Depuis des années. UNE SEULE ET UNIQUE PIÈCE, CELLE LA. Artémis tomba à genoux. Son corps tremblant compulsivement. Il n'avait jamais grandi depuis ce jour-là. Il était resté cet enfant qu'on abandonne devant une porte close. Le même enfant seul. Accusant une douleur trop grande pour un si petit corps.




Back to Black.



Sans savoir comment il se retrouva devant la porte de cette pièce. Combien de jours avait-il passé allongé devant cette porte espérant en vain de revoir son père. Ses pères. Et à nouveau il lui faisait face. La même douleur lui vrillant les viscères. Il tomba à genoux. Sanglotant comme l’enfant qu’il avait toujours été.


« Pourquoi …? »


Il articula difficilement ces mots.

« POURQUOI !? »


Ses ongles s’enfoncèrent avec violence dans le bois de la porte. Il hoqueta misérablement s’étouffant de ses propres sanglots. C’était injuste. Tellement injuste. Ils avaient le droit à leurs bonheurs ensemble. Lui n’avait droit à rien. Même pas à des fantômes. On ne pouvait pas juste se tuer avec son criminel de mari et disparaitre.


« et moi alors …? »


Ses mains ensanglantés martelaient en vain la massive porte qui ne silla à aucune de ses attaques. C’était tellement égoïste. Pourquoi seul. Seul comme ça. Avec une vie pire que la mort.


« OUVREZ-MOI ! OUVREZ-MOI ! COMMENT AS-TU PU ?!! TU M'AS... TU M'AS ABANDONNE ! »


Sa plainte déchirait le manoir de son affliction. Mais personne ne répondit.
Personne.
Alors il n’avait personne ? George avait Camille. Camille avait George.


« Et moi ? »


Et lui ?
La fatigue faisant son œuvre, doucement il se laissa couler vers le sol. Visage contre terre.

« Et moi alors ? »

*Je dois rester ainsi ? Seul.*


« Noonnn… »


De faibles sanglots vinrent à nouveau secouer ce corps fatigué.

Il posa tendrement sa main meurtrit contre la porte.

« Et moi alors ? Moi, je n’ai droit à personne ? Que tu es égoïste père de voler mes foudres et de me laisser ainsi. Seul. Seul. Seul… »


Morphée emporta dans ses bras cette âme las. Et doucement Artémis sombra dans un profond sommeil. Le plus profond qu’il n’eut jamais fait.




>>> ça. Les méandres.


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MessageSujet: Re: Manoir Orwell   Mar 1 Sep - 21:55

>>> ça. Les méandres.

Un matin comme tous les autres

Un nouveau pari

Rechercher un peu de magie

Dans cette inertie morose




Artémis ouvrit péniblement les yeux. La lumière crue de l'aurore vint le tirer d'une pénible et pesante léthargie. Sa longue main blafarde vint masser son crâne endolorie. Tous ses os le faisait terriblement souffrir et bien qu'il lui sembla dormir depuis une éternité il se sentais étrangement écrasé sous le poids de la fatigue. Quelle heure était il ? C'était il réellement endormis à même le sol ?


Toutes ces questions trouvèrent leur réponse dans un unique mais, néanmoins très expressif soupir.


Il repensa à sa crise de la veille. À la tulipe de sang qui ornait désormais le plafond autrefois immaculé de son salon. Devait il le repeindre ? Il était certain qu'il perdrait rapidement le peu d'esprit qui lui restait s'il voyait cela jour après jour. Mais repeindre ne serait peut-être pas suffisant. Pouvait on ad vitam eternam fuir les choses qui nous blessent ? Juste les recouvrir de vernis, pour faire semblant qu'elles n'ont jamais existé ? Ou alors... devrait il les affronter... ?



« Ouvrir cette pièce à nouveau … »



Il se remémora l’odeur du sang froid coagulé mêlé aux corps rongé par la mort. Un frisson d’angoisse le parcouru en même temps qu’un haut le cœur qui le fit se recroqueviller sur lui-même. Une position fœtal. Il était toujours un enfant au fond… Il resta comme ça quelques minutes. Ne pensant à rien. Il se sentait faible. Terriblement faible. Et seul. Que restait il a cette âme brisée affalé sur le sol, accablée par la vie. Seul.


« Seul.. ? »



Doucement. Lentement, de douce images lui revinrent. Une tendre mélodie.
Le noir. Puis la lumière.
Toujours douce.
Chaude et rassurante.
Celle qui vous enveloppe dans un cocon. Qui vous protège de tout. Qui envoie danser vos problèmes ailleurs. Loin…





je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'un homme inconnu, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait le même
Ni tout à fait un autre, et m'aime et me comprend.
Car il me comprend, et mon cœur, transparent
Pour lui seul, hélas ! cesse d'être un problème
Pour lui seul, et les moiteurs de mon front blême,
Lui seul les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-il brun, blond ou roux ? - je l'ignore.
Son nom? je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.




Un rêve. Tout simplement. Un être aussi volubile qu’un songe.
Non.
Non. Définitivement non.
Ca ne peut pas être que ça. Juste un rêve ?
Un inconscient peut il être si cruel ? Ça semblait si vrai. Et lui. Il semblait si proche…


Pourtant ce cœur. Ce cœur ne ment pas. Les stigmates de cette rencontre onirique son durement gravé dans sa chair.


Il fit jouer ses doigts devant ses yeux vitreux. On ne peut courir après les rêves.
On ne peut les attraper.
Il poussa une soupir. De dépit cette fois. Il avait réellement un inconscient sadique pour que celui-ci lui fasse ressentir de tel chose, pour ensuite le laissé durement s’écraser à la réalité. Pourquoi cet être lunaire aurait t-il voulu réaliser le souhait d’un oiseau de malheur comme lui… Mais pourtant il ne pouvait se le sortir de la tête. Comme s’il s’agrippait avec volonté à ses cheveux bouclés.



« c’est parce que c’est moi…
Moi je n’ai droit à personne…
Tout le monde n’as pas de voie pour être heureux… »


Alors c’était ainsi. Juste ainsi.



Quand les certitudes s'effondrent
En quelques secondes
Sache que du berceau à la tombe
C'est dur pour tout l'monde




Résignation. A quoi bon ?
Il se leva avec une lenteur calculé. Personne ne l’attendait nulle part après tout. Il pouvait se payer le luxe de prendre son temps. Sans qu’il le veuille, les images du garçon de lune lui revinrent.

Color.

Son image en surimpression sur sa vie terne.

Life in technicolor.

Il se surpris à sourire. Il semblait tellement proche, qu’il entendais presque le rythme de sa respiration…

Attendez.

« … !! »



Artémis se retourna d’un bloc, un seul. Ses yeux s’écarquillèrent comme jamais auparavant. C’Était impossible, improbable. Surréaliste. Cela allez à l’encontre de tout. Sous ses yeux. Dans SA maison. Dans le monde belle et bien réel. Alors que faisait il là lui ? Étalé paresseusement sur le parquet ciré à la perfection du manoir Orwell ? Et qui plus est dans une position plus qu’improbable, un sourire beat au lèvre. Ca n’avait aucun sens. Aucun.
Anxieux il commença à tourné en rond parlant à mi voix, le regard perdu dans quelques réflexion.
Qu’Était on supposer faire quand l’être de vos rêves venez vous rendre visite?



Mais tout peut changer aujourd'hui
Et le premier jour du reste de ta vie
Tu peux exploser aujourd'hui
Et le premier jour du reste de ta vie .




[Poeme de P.Verlaine, Paroles de Etienne Daho ]

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Sphère Willow
Artiste à la lanterne. Créateur de jouets. Musicien à ses heures perdues.
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MessageSujet: Re: Manoir Orwell   Mer 2 Sep - 22:09

In the cold light of morning….


Si les êtres humains pouvaient réellement connaître la sensation de “tomber du ciel”, alors ils pourraient employer ce terme. Mais on ne peut qu’imiter une chute avec un parachute…On ne peut vraisemblablement pas connaître la vrai sensation. La ressentir vraiment. Sentir sa poitrine compressée sous le poids de son propre corps, son souffle intoxiqué par un air nouveau, sa tête lourde comme victime d’une nouvelle gravité, et ce coeur, réel et plein. Un coeur de Reflet chargé d’une mission, un voeu.

When everyone is yawning…


Bailler. C’est ce qui marqua le commencement de la vie sur Terre d’une espèce de luciole, un truc, une chose, étalée là, un sourire béat aux lèvres. La lumière jaillissante du jour nouveau né était tellement pressée de montrer au Reflet son nouveau monde qu’elle arrivait à créer de magnifiques arabesque de couleurs derrière les paupières closes de Sphère. Celui-ci avait l’impression de voir une tapisserie mouvante sur fond noir de couleur sauvage. Parce que bon, elles étaient vraiment…sauvages.

You’re high…


Un oeil furibond, de couleur acide perça dans le jour. Ou plutôt, fut transpercé par la clarté rosâtre qui se reflètaient tel Narcisse sur des murs blanc et des fenêtres immense, d’une transparence telle que Sphère se demanda quelques instants si il y avait ici du verre. Tout d’abord, il se cru chez Nymphe, car il gardait un réel souvenir de lui. Peut-être l’avait il transporté là ? Mais alors, pourquoi son coeur était il si lourd ? Pourquoi celui ci le plaquait il sur le sol ? Pourquoi avait il l’impression de respirer pour la première fois…? C’était si agréable… Un bonheur sans tâche, comme si il dormait depuis toujours jusqu’à cette éclosion.

☆HATCHING☆


Estel…Nymphe…Rêves lointains…Sont ici comme un souvenir, un songe oublié qui s’écoule dans les limbes d’un esprit endormi. Mais un nom. Obsédant. Indélébile. Brûlant, gravé au fer rouge sur mon coeur. Le tien, Artémis Orwell.

Comme si ce simple nom pouvait donner vie à son corps blanchâtre, un lambeau de chait étendu, infirme mais heureux sur un miroir de bois, Sphère sentit les fils invisibles de la passion s’étendre comme des élastiques dans ses os. Le long de sa colonne vertébrale un courant électrique, branché au réseau terrestre lui permit de se hisser, un sourire innocent sur le visage. Légèrement inquiétant. Il regarda le monde en noir et blanc. Tout était innondé de lumière, du moins, c’est ce qu’il pensait puisque tout ruisselait de blanc. Un nappage noir dégoûlinait ça et là pour former le contour de fenêtres. Au milieu de cet ensemble, un oiseau de passage, un triste sir. Une peau de papier, des cheveux de jais.

Raven…?


La couleur s’échappa d’une tâche au dessus de sa tête. Elle innonda la pièce et le corbeau prit des allures d’humain.

“Artémis…”


Prononça Sphère sur un ton parfaitement calme. Pourtant, tout commença à bouillir dans ses veines. Ses nerfs ligotèrent ses muscles et il fut incapable de bouger, les yeux comme des étoiles vertes en gravitation autour d’un astre éteint, sombre. Ainsi, l’Humain, cet humain, ce rêve, ce fantôme se trouvait ici. Lui qui pensait que la nuit n’avait été qu’un songe. Depuis que Sphère avait ouvert un oeil, Artémis n’avait pas bougé, figé lui aussi par l’espèce de créature étrange allongé sur son parquet. Celle ci tenta vainement de se lever, les yeux voilés, un flot de nouvelles informations en tête.

♤LIE♤


Il était Sphère Willow, le fils du demi-frère d’un certain Camille. Il n’avait jamais connu ce dernier. Quelques minces informations sur son père s’effilochaient dans sa mémoire préfabriquée. Il eut l’impression de lire une notice de machine à laver. Et encore, il n’en avait jamais lu de sa vie ! Mais bon, ça tombait bien, il n’était pas censé se souvenir de ses pères puisque tous deux étaient morts de façon relativement précoce dans son enfance. Il fut ensuite envoyé dans un orphelinat, une aubaine quand on en sort réellement… Enfin, devenu un poids pour l’établissement, mais pas encore majeur, celui ci le renvoya après maintes recherches vers sa seule et unique famille : Artémis Orwell.

♠TRUTH♠


La tête de flamme de Sphère s’ébouriffa et quelques toiles de rêves, comme celles d’araignée, éparpillèrent un peu de magie autour de lui tandis qu’il s’avança vers Artémis, le bout des doigts brûlant de pouvoir effleurer de nouveau cette porcelaine humaine. Ses yeux étincelles ne pouvaient se détacher d’Artémis. Il n’était même plus sûr de pouvoir parler de nouveau. Mais l’excitation était bien trop forte et après quelques minutes sans dire un mot, le Reflet cligna des yeux une fois. Un sourire d’abord timide, puis plus amusé, se dessina au coin de ses lèvres.
Le soleil léchait les murs, d’or et de pourpre il miroitait sur la pâle silouhette de Sphère, presque translucide. Il s’approcha d’Artémis, immobile dans sa chemise blanche. Il paraissait parfaitement décontenancé, comme s’il se trouvait devant un fantôme…Ou un rêve ?

“ Je…Je…Euh…Je suis très…très heureux de te rencontrer enfin tu sais ! Euh…”


Ne sachant trop comment abordé le sujet de sa nouvelle vie, et bien trop excité pour rester calme et poli, Sphère fit un léger pas en avant et effleura de ses lèvre la joue froide de son Humain. Pourtant, la décharge brûlante qui traversa le corps de Sphère à ce moment précis le fit se retirer rapidement et un bonheur sans bornes vint drainer son corps en entier sans qu’il comprenne réellement pourquoi. Une chaleur intense lui brûla les joues. En revanche, les cheveux noir d’Artémis s’hérrissèrent un peu plus qu’il ne l’étaient déjà et un rictus vint tirer ses traits fatigués. Les cernes de Sphère ne devaient pas non plus l’embellirent mais qu’est ce qui aurait pu embellir un garçon aux cheveux de feu, déparaillé, des vêtements parfaitement hétéroclytes dégringolant dans un enchevêtrement artistique de toutes parts, et même pas fichue de cacher ses épaules ? Un rire sonore vint réveiller les fantômes du manoir blanc et noir.

“ Bonjour !”


Acceptez cette preuve de ma gratitude, cette preuve de ma reconnaissance, cette preuve de mon amour, acceptez ce baiser.
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Manoir Orwell

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